Le chant des mares – Quand les amphibiens deviennent indicateurs scientifiques
Depuis quelques semaines, le retour progressif du printemps se laisse entrevoir, avec la floraison de la Pulmonaire affine ou encore le retour du Milan noir dans nos contrées. Pourtant, les premiers signes de la saison printanière sont perceptibles dès le mois de janvier, par le réveil des Grenouilles agiles et Crapauds épineux. Ces habitants discrets des mares ouvrent ainsi le bal de la saison des amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons et salamandres).
En France métropolitaine, près de 23% des amphibiens sont menacés. Il existe donc un besoin urgent de mieux connaître et de préserver les habitants des zones humides. Ce ne sont pas moins de 11 espèces abritées par la Réserve naturelle qui bénéficient des actions mises en place par l’équipe gestionnaire.
Pour suivre leur évolution, l’équipe gestionnaire s’est attachée à appliquer un protocole d’envergure nationale appelé « POPAmphibien ». Coordonné par la Société Herpétologique de France (SHF), ce suivi vise à estimer les tendances d’évolution des populations d’amphibiens en France sur le long terme. Essentiel pour orienter les politiques de conservation, alimenter les listes rouges des espèces menacées et détecter les signaux d’alerte, ce programme est appliqué sur deux zones dans la Réserve naturelle.
Le protocole consiste en trois passages, répartis entre janvier et juin, pour couvrir l’ensemble des périodes de reproduction des amphibiens ciblés, car chaque espèce ne se reproduit pas forcément au même moment ! Les dates de passage ne sont pas fixes, et sont à définir en fonction des conditions météorologiques, ce qui demande une certaine réactivité de la part des agents.
Sur le terrain, il faut à la fois tendre l’oreille et affiner son regard ! En effet, si les Anoures (crapaud et grenouilles) sont reconnaissables espèce par espèce à leur chant, les Urodèles (tritons et salamandres) sont silencieux et doivent être détectés à vue. La prospection permet également de repérer les preuves de reproduction (pontes ou larves présentes dans la mare).
Au printemps, le chant des grenouilles et des crapauds ne fait pas que rythmer les nuits, il nous rappelle que les voix des mares, de la plus discrète à la plus tonitruante, méritent toute notre attention.
A vos oreilles :
Ambiance nocturne sur la Réserve naturelle – Pelophylax
Ambiance nocturne sur la Réserve naturelle – Rainette méridionale