Caminarem et la Réserve naturelle s’associent pour faire évoluer un sentier de berge

Sur Pins-Justaret, une liaison entre les quartiers du Cros et de la Goutine avait subi érosion, surfréquentation, et évolution de la végétation (régression des arbres et croissance des ronciers). Depuis plusieurs mois, la circulation pédestre devenait difficile voire dangereuse sur ce secteur, qui n’est pas intégré aux plans de randonnées et par-conséquent non-entretenu. Il s’agit en effet d’une servitude de passage en bord de cours d’eau, sur le Domaine Public Fluvial (DPF) : un passage y était possible, mais sans exigence d’entretien.

Faisant le choix de maintenir cet axe stratégique en bord de cours d’eau, mais tout en préservant les enjeux tant sécuritaires qu’écologiques (restauration de la berge et zones de quiétude pour la faune (semi-aquatique), une déviation du sentier existant a été décidée en collaboration avec la Mairie de Pins-Justaret. Ainsi, c’est près de 150 mètres linéaires qui ont été réouverts ce printemps à l’aide d’une trentaine de bénévoles de l’association Caminarem.

Ces « caminaïres », comme on les appelle, œuvrent pour (r)ouvrir des sentiers de randonnée, dégager des édifices patrimoniaux et organiser des chantiers nature. La Réserve naturelle travaille régulièrement avec Caminarem, et ce chantier ambitieux a particulièrement séduit les bénévoles. Fermeture de l’ancien sentier, sécurisation, coupe des arbres dangereux ou tombés au sol, débroussaillage et enfin terrassement aux endroits les plus raides : un véritable chantier pluridisciplinaire pour obtenir un résultat plus que satisfaisant, le tout en un temps record.

Cette déviation est aussi le fruit d’un véritable travail de concertation avec les propriétaires riverains du DPF et la municipalité. Il a en effet été nécessaire par endroit de se rapprocher des clôtures des habitations, voire d’empiéter sur les parcelles privées. Devoir en arriver là est signe que le cours d’eau évolue, érode, et se déplace. Lorsque le lit et les berges sont larges et sans contrainte, il s’agit d’un processus naturel souhaitable ; c’est en revanche plus complexe lorsque que des habitations se situent à proximité. Pour limiter cette évolution naturelle, la solution de renforcer la berge par une revégétalisation et une limitation de l’érosion anthropique (par le piétinement) a séduit les propriétaires, qui se sont associés à la démarche.

La Réserve naturelle, la Mairie de Pins-Justaret, les propriétaires riverains ainsi que les bénévoles ont à cœur que ce nouveau sentier, accessible à pied comme en vélo, puisse remplacer efficacement l’ancien tracé. Pour ce faire, il est rappelé aux visiteurs d’emprunter cette déviation, en laissant l’ancien chemin se refermer, la végétation repousser, et permettre ainsi de limiter de nouveau l’érosion. Gageons que la zone de quiétude formée sur ce linéaire de berge permette à nombre d’espèces sensibles (Loutre, Castor ou Genette en premier lieu !) d’y trouver un refuge.

Pour toute précision sur cette action, ou pour signaler des secteurs abîmés ou à risque, n’hésitez pas à contacter l’équipe gestionnaire. Bonnes balades sur les sentiers !

©A. Firmin | RNR Confluence Garonne-Ariège