Anatomie d’une plante protégée – l’Orchis parfumé

Vous connaissez sans doute le Phalaenopsis, cette orchidée que l’on trouve facilement en jardinerie. Mais savez-vous qu’il existe aussi des orchidées sauvages sous nos latitudes ? On les croise au détour d’un sentier, dans les prairies, dans la forêt, parfois même dans nos jardins quand la tonte ne les a pas coupées… Sur la Réserve naturelle, 17 espèces d’orchidées terrestres trouvent les conditions idéales pour s’épanouir.

L’une d’entre elles est particulièrement remarquable. Chaque année, à partir de la mi-mai, l’Orchis parfumé (Anacamptis coriophora var. fragrans) déploie ses fleurs le long d’un des sentiers de la Réserve naturelle. Protégée à l’échelle nationale, cette orchidée diffuse un délicat parfum de Vanille – une orchidée-liane, cousine éloignée de la même famille. 

Elle possède une proche cousine : l’Orchis punaise (Anacamptis coriophora var. coriophora). Les deux espèces se ressemblent beaucoup, mais leur odeur permet de les distinguer facilement : là où l’Orchis parfumé évoque la vanille, l’Orchis punaise dégage une odeur bien moins agréable, souvent comparée à celle d’une mouche ou d’une punaise. 

Comment la reconnaître ?

©A. Lambourg 

Lors de votre prochaine visite sur la Réserve naturelle, nul besoin de quitter le sentier pour l’observer. Il faudra toutefois garder l’œil ouvert :  la belle dépasse rarement les 40 cm de hauteur.

Comme toutes les orchidées, elle possède un pétale particulier appelé « labelle ». Chez l’Orchis parfumé, ce labelle est divisé en trois lobes. Celui du centre, plus allongé, sert de piste d’atterrissage aux insectes pollinisateurs. Les autres pétales, associés aux sépales, forment une sorte de petit casque caractéristique. 

Discrète, fragile et étroitement liée à d’autres organismes, comme les pollinisateurs et les champignons, l’Orchis parfumé rappelle que les prairies de la Réserve naturelle abritent une biodiversité souvent invisible au premier regard. Autant de trésors sauvages dont il est possible de profiter sans quitter les sentiers !

Merci aux volontaires en service civique (Pauline, Alice, Léo) qui ont participé aux suivis de terrain et partagé leurs photographies, permettant de mettre en lumière cette discrète habitante des prairies de la Réserve naturelle.

©L. Rabaud-Phuong