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Les 10 bons réflexes pour se promener dans la réserve

Le printemps est là et, avec les premières floraisons, l’envie d’aller se promener devient grande. Cueillir, observer, se détendre, pratiquer une activité de loisir font partie des plaisirs simples dans ce poumon vert que constitue la Réserve Naturelle Régionale Confluence Garonne-Ariège. Chaque sortie est l’occasion de passer un moment agréable à profiter, seul ou en famille.

La Réserve naturelle est appréciée des promeneurs et autres usagers. 37 000 visiteurs ! C’est le nombre d’usagers enregistrés les mois de juillet et d’août 2016 dans les différents sites ouverts au public dans la réserve.
Prestigieux, les espaces naturels de la Confluence sont d’autant plus fragiles. Ce qui implique pour Nature Midi-Pyrénées et ses partenaires une gestion conciliant activités de loisirs et préservation de la biodiversité. Les enjeux sont multiples : accueillir le public, l’orienter en toute sécurité, lui offrir des itinéraires entretenus, s’assurer du respect des autres usagers comme de l’environnement, et préserver la faune et la flore des perturbations potentielles (dérangement en période de reproduction, piétinement, cueillette de fleurs…)

Avec l’arrivée des beaux jours, il est bon de rappeler les 10 bons réflexes à avoir pour profiter pleinement des richesses naturelles et paysagères de notre Réserve Naturelle.

 

En adoptant des gestes écoresponsables, vous devenez acteurs pour préserver durablement les richesses naturelles et paysagères de votre territoire.

A partir de juin, 5 écogardes, volontaires en service civique, arpenteront les sentiers de la réserve afin d’informer et de sensibiliser le public.

Balades orthoptériques dans la Réserve Naturelle Régionale Confluence Garonne-Ariège

La RNR Confluence Garonne-Ariège a fait l’objet depuis plusieurs années déjà d’études entomologiques. Dans les groupes étudiés, figurent en bonne position les orthoptères : criquets, sauterelles et grillons. Même si des recherches sont encore à mener, notamment sur la présence possible d’espèces patrimoniales soupçonnées ou non revues ou localisées avec certitude, le niveau de connaissance pour ce groupe est déjà assez fin. Et, des cortèges peuvent être reconnus en fonction des types d’habitats naturels. En fin d’été, période de présence des adultes pour un maximum d’espèces, ces cortèges vont parfois vous mettre dans une ambiance sonore qui pourrait presque vous faire deviner « les yeux fermés » dans quel type de milieu vous êtes ! Partons à leur découverte.

Dans toutes les zones semi-boisées, les lisières, se rencontre un cortège typé de peu d’espèces mais quasi constantes. Deux sauterelles vivent perchées dans les buissons, arbres et arbustes : le Phanéroptère méridional Phaneroptera nana (abondant sur les arbustes), le Méconème méridional Meconema meridionale (qui a une préférence nette pour vivre dans les chênes). Si ces deux espèces sont inaudibles, l’ambiance sonore est toutefois assurée en provenance de la couche de litière de feuilles, par le Grillon des bois Nemobius sylvestris (souvent abondant et peut striduler toute l’année, y compris au soleil d’hiver).

Au bord de la Garonne ou de l’Ariège, l’étiage estival met à découvert de vastes surfaces exposées au soleil, galets ou vases suivant les cas. Ces milieux sont originaux pour les orthoptères. Il faut avoir l’œil pour y repérer le minuscule Tétrix méridional Paratettix meridionale, qui saute et vole très bien. Pourtant, dans les endroits favorables, ce sont des centaines d’individus qui peuvent être présents. Les galets sont également fréquentés par un criquet de grande taille, volant lui aussi très bien et sur de longues distances : l’Aïolope automnale Aiolopus strepens, une des rares espèces à survivre jusqu’au printemps suivant. Ce criquet se retrouve aussi dans les friches, lisières et coteaux secs, mais le plus souvent c’est sur les zones alluvionnaires qu’il prospère.

Dans ces zones humides, lorsque des hautes herbes denses se développent (baldingères ou carex par exemple), deux sauterelles peuvent être découvertes : le Conocéphale gracieux Ruspolia nitidula et le Conocéphale bigarré Conocephalus fuscus. Comme leur nom l’indique, ces sauterelles ont une tête étirée vers l’avant, conique. Une fois la nuit tombée en août et septembre, le Conocéphale gracieux émet une stridulation puissante, quasi désagréable voire insupportable lorsqu’on est proche. Il est le cauchemar des chiroptérologues qui se voient brouiller l’écoute de leur détecteur ultra-sons.

Les pelouses sèches, qu’elles soient sur coteaux ou sur les terrasses alluviales sablonneuses, sont des habitats importants pour de nombreuses espèces. La diversité sur un site, et la densité, va dépendre de l’état de la végétation et du niveau d’aridité.
Ainsi, sur les parties sablonneuses écorchées des terrasses alluviales, où souvent ne poussent quasi aucunes plantes, des gros criquets aux ailes colorées s’envolent devant nos pas : ailes rouges pour le Criquet de Barbarie Calliptamus barbarus, bleues avec une bande noire pour l’Oedipode turquoise Oedipoda caerulescens ou bleues azur sans noir pour l’Oedipode aigue-marine Sphingonotus caerulans. Ces criquets silencieux (ces espèces colorées ne stridulent pas) semblent régner en maître sur ces zones.
Dès que la végétation herbacée se densifie, ils disparaissent, seul le criquet de Barbarie se maintenant un peu. Les pelouses sèches fermées sont le royaume du Criquet blafard Euchorthippus elegantulus et du Criquet pansu Pezotettix giornae, qui peuvent être extrêmement abondants, et de quelques sauterelles dont le Dectique à front blanc Decticus albifrons, une très grosse sauterelle qui stridule fort en journées ensoleillées, dès le mois de juin.
D’autres orthoptères sont assez constants et abondants sur les pelouses de la RNR, sans forcément être exclusifs à ces habitats. Citons le Phanéroptère liliacé Tylopsis lilifolia, la Decticelle chagrinée Platycleis albopunctata, le criquet noir-ébène Omocestus rufipes et le criquet migrateur Locusta migratoria cinerascens. Ce grand criquet, qui semblait encore inconnu il y a quelques années sur le territoire de la RNR, a profité des années de plus en plus chaudes pour étendre son aire. En 2016, il a été vu sur cinq sites différents.

Article rédigé par Pierre-Olivier Cochard.

La RNR Confluence Garonne Ariège vue du ciel

Partez à la découverte du territoire protégé de la RNR Confluence Garonne-Ariège qui s’étend de Venerque aux portes de Toulouse sur un linéaire d’une quinzaine de kilomètres. Classée
en 2015 à l’initiative des associations ConfluenceS Garonne-Ariège et Nature Midi-Pyrénées,
ce corridor forestier et fluvial se déploie sur près de 600 hectares d’espaces naturels, véritables réservoirs de biodiversité.

Ces images ont été filmées par Drône Sud Toulouse. Le film a été réalisé par Marie Tiberghien – Nature Midi-Pyrénées – Mars 2017. 

Lettre d’information 4

Retrouvez l’actualité de votre territoire, les rendez-vous à ne pas manquer… sur la Lettre d’information n°4 !

Un été avec les Guêpiers d’Europe au cœur de la RNR Confluence Garonne-Ariège

Guêpier d'Europe1.     Présentation

Carte d’identité
Guêpier d’Europe, Merops apiaster
Ordre : Coraciiformes
Famille : Méropidés
Genre : Merops
Espèce : Apiaster
Taille : 28 cm 
Envergure : 43 à 48 cm. 
Poids : 45 à 65 gr

Généralités

Le Guêpier d’Europe est magnifiquement coloré, avec sa livrée arc-en-ciel ; il est sans aucun doute l’un des plus beaux oiseaux de nos contrées. Il est appelé ainsi parce qu’ils migrent en Europe, fin avril-début mai, pour se reproduire et repart mi-août vers les savanes Africaines où il passera l’hiver. Les couples se seront appariés en Afrique, avant leur départ en migration ; ils seront donc déjà formés à l’arrivée. Malgré tout, dès leur arrivée sur leur site de nidification, on pourra assister à des parades et des jeux de séduction. Le Guêpier d’Europe parade en redressant les plumes de son cou pour exhiber ses magnifiques couleurs. Le mâle offrira aussi à sa femelle ses plus belles proies.

C’est l’un des rares oiseaux à creuser un terrier pour nidifier. Avec son bec puissant et ses pattes, il pourra excaver un tunnel pouvant aller jusqu’à 1,50 mètres de profondeur pour se terminer par un espace plus large qui servira de chambre de nidification. Selon le terrain, le tunnel pourra être droit, courbé voire incliné. Pour ce faire, les Guêpiers pourront enlever entre 7 à 10 kilos de terre sablonneuse. La femelle déposera dans la chambre du terrier cinq à six œufs qui seront couvés pendant une période de 19 à 26 jours par les deux parents.

Avec ses ailes pointues en forme de triangle, le Guêpier est un excellent voilier et un chasseur en vol hors pair. Il peut chasser pendant pratiquement toute la journée. Son alimentation va varier selon la période, les conditions climatiques et le site de nidification. Il observera de longues minutes son territoire de chasse sur un perchoir en hauteur avant de se lancer à l’assaut de ses proies favorites : guêpes, abeilles, bourdons, frelons, cigales, taons, libellules, papillons, coléoptères et diptères. Le Guêpier d’Europe ne pouvant assimiler les parties dures, comme les élytres, les cuticules du thorax ou l’exosquelette des insectes, il va rejeter ces débris chitineux par des pelotes de réjections.

Répartition

Le Guêpier d’Europe occupe l’Europe méridionale, le Moyen-Orient et l’Asie occidentale, ainsi que l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud (isolat). En Europe, il se trouve majoritairement sur la péninsule ibérique et les pays bordant la Mer noire, mais atteint également au nord l’Allemagne et la Suède. D’affinité méridionale, la population nationale de cet oiseau se concentre sur les bords de la Méditerranée, le long des vallées du Rhône et de la Garonne, mais aussi en Auvergne et de façon plus sporadique dans la moitié nord du pays (Lorraine, Île de France, Finistère, Poitou-Charentes…). En Midi-Pyrénées, le Guêpier d’Europe est présent dans le Lauragais, la vallée de la Garonne, la vallée de l’Arros, le Tarn, ou encore dans le Bas Quercy, la basse Ariège et le sud de l’Aveyron.

Cette espèce semble en augmentation en France et au niveau régional, en termes d’effectif et de répartition géographique. Elle reste toutefois sensible à la météorologie et aux modifications des paysages (disparition de talus, diminution de l’érosion des berges de cours d’eau, réhabilitation de gravières…), pouvant conduire localement à la désertion de sites de nidification. Son développement semble également avoir atteint ses limites en plaine de Garonne, où seules les gravières en activité présentant des conditions favorables à leur installation ; les sites de nidification sont donc limités et localisés.

Enfin, plusieurs cas de dérangement de colonies sont apparus ces dernières années, conduisant la plupart du temps à l’abandon des sites suite à une fréquentation humaine trop importante.

Sur la Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège, trois colonies de guêpiers sont connus dans et en périphérie immédiate du périmètre classé, comptant de trois à une quinzaine de couples selon les colonies. Deux sont menacées par la fréquentation humaine et les usagers de loisirs qui se développent à proximité directe.

2.     Observations sur la RNR pendant la période de fin de nidification qui couvre la naissance des petits jusqu’à l’envol

Les observations présentées ici ont été réalisées dans le cadre d’un travail d’études et de protection effectué sur une des colonies nidificatrices de guêpiers d’Europe de la RNR Confluence Garonne-Ariège, en totale collaboration avec le gestionnaire de la RNR et en respectant toutes les précautions pour minimiser le dérangement des oiseaux.

Observations Générales

Lors de ma découverte et de mon travail de protection et d’observations que j’ai effectué sur cette colonie, j’ai pu observer, dans un premier temps, que la colonie d’une dizaine d’individus se comportait comme une entité unique à part entière. Si trois couples de cette colonie étaient nicheurs, l’ensemble des individus agissait en totale synchronisation. Les repos se faisaient ensemble sur le même arbre, les départs à la chasse, les départs au dortoir, les retours le matin de ces mêmes dortoirs, tous ces gestes de la vie quotidienne étaient synchronisés et se faisaient à l’unisson. Cette unité se ressentait aussi dans leurs vocalisations qui pouvaient presque faire penser à un langage avec des phrasés bien spécifiques à chaque situation donnée.

Chaque matin, de retour de leur dortoir, ils faisaient ensemble un passage au-dessus du site de nidification, puis l’ensemble de la colonie allait se percher sur leur arbre d’observation qui se situait, en retrait, au beau milieu de leur terrain de chasse, d’où ils avaient une vue imprenable sur l’ensemble de leur territoire. Lorsqu’ils considéraient qu’aucun danger ne menaçait, celui que j’ai appelé le guetteur, venait se poser sur leur arbre juste à côté des terriers. De là, il émettait régulièrement des vocalises. Ces petits cris ordonnés lui permettaient, sans doute, de maintenir le contact et d’informer le reste de la colonie, car, au bout de quelques minutes, s’il n’y a pas eu de danger et/ou de dérangement, le reste des membres de la colonie finissait par le rejoindre avec des proies dans le bec. Commençait alors une longue journée de nourrissage.

Pour l’élevage et l’alimentation des jeunes, les trois couples qui nidifiaient étaient tous, systématiquement, aidés par les autres membres non nidifiant de la colonie. Sur ce site, il s’agissait de jeunes femelles et de mâles. Ces aidants, que j’ai appelés des assistants, étaient tout aussi assidus que les parents biologiques dans le nourrissage et lors de l’incitation à la sortie du terrier des jeunes Guêpiers. Leur implication n’était pas simulée et ils semblaient s’adonner à ces tâches comme s’ils étaient les parents.

Pendant la phase de nourrissage des jeunes, j’ai pu remarquer une accentuation des rotations au fil des jours et de la croissance des petits. J’avais aussi remarqué des différences sur le nombre de rotations selon les terriers. Cette observation a pu s’expliquer, ensuite, lors des prédations des couleuvres, par un effectif plus restreint des petits encore présents dans les terriers où le nombre de rotations était plus faible. Chez les Guêpiers, en général, 50 % des petits n’arriveront pas à l’envol à cause de la malnutrition, de la prédation des couleuvres, des belettes et chats harets. J’ai pu observer le premier couple, qui avait perdu l’ensemble de sa nichée à cause des prédations des deux couleuvres présentes sur le site, venir aider un des deux couples qui avait encore des petits à nourrir.

Lors de la préparation à l’envol et de la motivation des jeunes pour les inciter à quitter le terrier, les assistants étaient tout aussi présents que les parents biologiques.

Observations particulières lors du nourrissage

Pour ces espèces qui nichent dans des terriers, il est difficile à l’observateur qui n’a pas assisté au début de l’installation de savoir où en est la nidification. Cependant, quelques astuces, que j’ai pu relever, peuvent aider à s’y retrouver. La première est d’abord d’observer si les deux parents sont au nourrissage. Si c’est le cas, cela signifie que les petits sont tous nés. Pour connaître approximativement l’âge des petits, il suffit d’observer la façon dont les adultes fonctionnent avec le terrier. Lorsque ces derniers rentrent et disparaissent complètement dans le terrier pendant des durées variant de quelques dizaines de secondes à une voire plusieurs minutes et qu’ils ressortent tête en avant, on peut supposer qu’ils vont nourrir jusqu’à la chambre de nidification, que les jeunes sont encore trop petits pour avancer dans le tunnel et qu’il y a suffisamment de place pour les parents, dans cette même chambre, afin de faire demi-tour. On pourra estimer approximativement que les petits ont moins de 10 jours, l’âge auquel les étuis cornés de leurs plumes commencent à apparaître et qu’ils prennent un certain volume. Lorsque l’adulte reste encore plusieurs secondes à l’intérieur du terrier et que la plupart du temps on le voit ressortir en marche arrière, on peut imaginer qu’il n’y a plus assez de place dans la chambre pour faire demi-tour et que les petits ont approximativement une quinzaine de jours et arborent pratiquement l’intégralité de leur plumage. Une chose est sûre : lorsque l’adulte pénètre dans le terrier pour en ressortir quasiment de suite en marche arrière, cela signifie qu’au moins un des petits est engagé dans le tunnel. Il y restera quelques jours à l’abri avant de finir par mettre le bec dehors.

Les parents biologiques et les assistants accélèrent les rotations de nourrissage au fur et à mesure que les petits grandissent. Dès qu’un premier petit apparaît à l’entrée du terrier, tous les adultes viennent le saluer par des vocalises et le frétillement typique de leurs rectrices. Commence alors un manège continu pour le nourrissage durant quelques temps. Jusqu’au jour où ils décident de faire du nourrissage intensif sur une journée, avant de limiter ce dernier au strict minimum les jours suivants. J’ai compté jusqu’à 70 rotations de nourrissage pour 1h pour un seul terrier. Cette observation s’est confirmée sur les deux terriers encore en activité. J’ai analysé cette technique de nourrissage intensif sur une journée, comme étant une préparation à la technique de la « frustration » qu’ils vont employer par la suite pour inciter les petits à quitter le terrier.

Observation des trois techniques utilisées par les parents biologiques et les assistants pour inciter le petit à quitter le terrier.

La première stimulation à l’envol est faite par des vocalises brèves et rythmées, des appels que les adultes emploieront jusqu’au départ du dernier petit.

Pour compléter cette incitation au départ par les appels, les parents biologiques et les assistants emploieront la méthode que j’ai nommée la technique de « frustration ». Chacun arrivera au terrier, présentera un insecte au petit qui se tient à l’entrée sans le lui donner et repartira, avec l’insecte, sur une branche pour l’appeler. Ils peuvent renouveler la manœuvre plusieurs fois avant de finir par donner le repas au petit qui se tient à l’entrée ou bien à un autre petit à l’intérieur. Pour cela, l’adulte rentrera complètement dans le terrier. Durant cette période où le petit subit une frustration alimentaire, j’ai pu le voir chasser des insectes par lui-même et quelquefois avec réussite. Cette spoliation nourricière qui affame le petit n’a qu’un but : l’inciter à quitter le terrier.

Lorsque les adultes sentent arriver le temps de l’envol, tous à l’unisson, ils synchronisent des faux départs tout en continuant leurs appels. Ils s’envolent de l’arbre où ils étaient perchés, prennent de l’altitude tout en effectuant des cercles au dessus du terrier, pour finir par disparaître de la vue du petit. Seules leurs vocalises restent très perceptibles. Ils renouvelleront ces faux départs autant de fois que nécessaire. A partir de ce moment-là, l’attitude du petit sera complètement différente. Le petit, qui quémande à manger avec son phrasé bien spécifique, deviendra inquiet mais aussi curieux et commencera à utiliser les mêmes vocalises que les adultes, donnant l’impression à l’observatrice que j’étais qu’il s’instaurait entre eux un vrai dialogue.

A chaque envol d’un petit, tous les adultes présents sur le site partent avec lui, sans doute pour le guider dans sa découverte du territoire et de ce nouvel environnement. Le site de nidification et les petits encore présents à l’intérieur du terrier resteront seuls pendant pratiquement 1h. Cette façon de faire sera systématique pour chaque envol. Bien que j’aie lu que les petits revenaient aux terriers après avoir quitté ces derniers pour y dormir, c’est quelque chose que je n’ai pas observée sur la colonie étudiée. Tous les soirs, lorsqu’il était l’heure pour les Guêpiers de regagner le dortoir dans la forêt, les petits accompagnaient les adultes ; jamais aucun d’entre eux n’est revenu au terrier. Cette attitude est-t-elle générale ou bien typique de ce site de nidification qui a été extrêmement sujet aux prédations des deux couleuvres ? Peuvent-ils avoir conscience du danger ? Personnellement, j’en ai la conviction. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les images du départ du dernier petit, juste après une tentative de prédation de la couleuvre, et l’attitude insistante de la mère pour l’inciter à s’envoler.

Les petits continueront d’être nourris par les adultes pendant encore plusieurs semaines, tout en apprenant à chasser par eux-mêmes. Cette initiation est essentielle afin de les préparer au mieux pour la grande migration qui sera, pour eux, le voyage de tous les dangers.

3. Galerie photos

Nous remercions Corinne Rolland pour cet article et l’ensemble des photos. N’hésitez pas à la contacter directement pour plus d’informations.

Lettre info n°3

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Cliquez sur l’image pour visionner la Lettre d’Information n°3 !

Enquête sur le Putois d’Europe sur la RNR

Le Putois d’Europe est un petit carnivore aux mœurs méconnues. Crépusculaire et nocturne, il est l’un des mustélidés les plus difficiles à observer. On le différencie des autres espèces présentes dans la région par son pelage sombre et son masque facial blanchâtre. Au-delà de sa discrétion naturelle, l’espèce semble de moins en moins contactée en Midi-Pyrénées, d’où l’importance d’un état des lieux des connaissances concernant sa répartition. Surtout, il n’existe pas de protocole ciblé permettant à coup sûr de mettre en évidence sa présence (ou son absence !) sur un site.

Une étude sur la réserve…

L’espèce étant connue sur la réserve et les communes avoisinantes, deux sites ont été choisis par Nature Midi-Pyrénées afin de mettre en place une étude visant à tester l’efficacité de deux méthodes  de détection de l’espèce : le piégeage photographique et les tunnels à empreintes.

Mise en situation d’un piège photographique pour détecter le Putois : des indices de présence de mustélidés ont été découverts sur ce tronc.

Le piège photographique est très utilisé pour rechercher les espèces discrètes et présentes en faible densité, comme les carnivores. Pour détecter le Putois, les sites privilégiés pour la pose de ces appareils présentent des indices de présence caractéristiques : si ses empreintes et ses crottes sont difficiles à distinguer de celles des autres mustélidés, elles constituent, avec les restes de repas d’amphibiens, des cibles choisies. Les arbres couchés et les coulées dans la végétation ou en bord de cours d’eau représentent également des sites intéressants.

 

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Tunnel à empreintes placé dans un passage d’animaux au bord d’un étang.

Le tunnel à empreintes est formé d’une planche avec deux feuilles de papier de part et d’autre d’un tampon imbibé d’encre abrité sous un tunnel, le plus souvent en bois. L’attractivité de ce « piège » repose sur le comportement d’exploration des mustélidés, qui ont tendance à être attirés par les objets nouveaux sur leur territoire. Ces tunnels sont idéalement placés le long de coulées, en lisière de forêt ou en bord de cours d’eau, autant d’habitats potentiellement favorables à l’espèce.

Au cours du mois de juin, 15 tunnels ont été posés, dont 12 seuls et 3 en couplage avec un piège photographique, au Parc du Confluent, et 14 tunnels sur la commune de Goyrans, dont 10 seuls et 4 en couplage avec un appareil. Avec l’aide de plusieurs bénévoles assidûs, le matériel a pu être relevé tous les 10 jours pendant un mois.

 

Résultats

Aucune donnée de putois n’a pu être mise en évidence au cours de ce mois de suivi. Cependant, plusieurs autres carnivores ont été photographiés, ou détectés grâce à leurs empreintes, comme la Martre des pins, la Fouine mais aussi la Genette commune.

Au Parc du Confluent, la Genette a été contactée sur 4 sites différents, la Martre en 3 autres points et la Fouine sur 2. À Goyrans, les deux carnivores se sont fait plus discrets ; seul un chat domestique a laissé des traces sur un site !

genette

Genette commune et martre des pins détectées au piège photographique dans le Parc du Confluent.

À Portet, là où la Genette a été détectée, elle a systématiquement laissé ses empreintes, et donc visité les tunnels. Il est intéressant de noter que les tunnels sont le plus souvent utilisés dans les 20 premiers jours après leur pose, et rarement après : il semblerait que les individus présents sur le territoire en question s’habituent au matériel, et ne le visitent que pour l’attrait de la nouveauté !

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Empreintes de genette (à gauche) et de fouine et martre (à droite).

Ces premiers résultats tendent vers une bonne complémentarité des deux méthodes : si les tunnels semblent particulièrement efficaces avec des carnivores comme la Martre ou la Genette, notamment dans les premiers jours où ils ont été posés, les pièges photographiques permettent de détecter certains individus récalcitrants à entrer dans le tunnel. Cependant, malgré l’effort déployé, on ne peut pas conclure à l’absence du Putois sur les sites face à l’absence de détection, puisque l’espèce était connue sur les deux communes. De plus amples recherches sont nécessaires pour conclure sur l’efficacité réelle de cette méthodologie pour étudier spécifiquement le Putois d’Europe.

Un grand merci à Delphine, Jonathan, Aurore, Antoine, Xavier, Benjamin et Laure pour leur aide sur le terrain !

Article rédigé par Nathalie De Lacoste, septembre 2016

Nettoyons la nature à Pinsaguel

Lors de la matinée ensoleillée du samedi 24 Septembre, une trentaine de personnes investies, dont le Maire et plusieurs membres du Conseil Municipal, ont participé à l’Opération NETTOYONS LA NATURE.

Delphine et Ghalia, écogardes de la RNR ConfluenceS Garonne-Ariège étaient aussi présents afin de sensibiliser les participants sur les conséquences de la pollution sur la faune et la flore.
Environ 500Kg de déchets ont été ramassé à Pinsaguel et ses abords: morceaux de carrosserie et autres ferrailles, bouteilles et canettes, emballages de toutes sortes, mégots, ainsi qu’un meuble…

17 et 18 Septembre 2016 : 3e Fête des ConfluenceS à Venerque

Les 17 et 18 septembre derniers, était célébrée la 3ème Fête des ConfluenceS à Venerque. Pendant deux jours, de nombreuses animations ont été proposées aux petits comme aux grands, par les différents partenaires de cet évènement. 


3e édition de la Fête des ConfluenceS par naturemidipyrenees

Rétrospective de la 3e Fête des ConfluenceS
Conférence : L'agroforesterie : une pratique favorable à l'agriculture et à l'environnement
Concert Cuarteto Tafi
Les partenaires sur les balades
Marché producteurs et créateurs
Sorties kayak
Le coin famille
Galerie photos