Enquête sur le Putois d’Europe sur la RNR

Le Putois d’Europe est un petit carnivore aux mœurs méconnues. Crépusculaire et nocturne, il est l’un des mustélidés les plus difficiles à observer. On le différencie des autres espèces présentes dans la région par son pelage sombre et son masque facial blanchâtre. Au-delà de sa discrétion naturelle, l’espèce semble de moins en moins contactée en Midi-Pyrénées, d’où l’importance d’un état des lieux des connaissances concernant sa répartition. Surtout, il n’existe pas de protocole ciblé permettant à coup sûr de mettre en évidence sa présence (ou son absence !) sur un site.

Une étude sur la réserve…

L’espèce étant connue sur la réserve et les communes avoisinantes, deux sites ont été choisis par Nature Midi-Pyrénées afin de mettre en place une étude visant à tester l’efficacité de deux méthodes  de détection de l’espèce : le piégeage photographique et les tunnels à empreintes.

Mise en situation d’un piège photographique pour détecter le Putois : des indices de présence de mustélidés ont été découverts sur ce tronc.

Le piège photographique est très utilisé pour rechercher les espèces discrètes et présentes en faible densité, comme les carnivores. Pour détecter le Putois, les sites privilégiés pour la pose de ces appareils présentent des indices de présence caractéristiques : si ses empreintes et ses crottes sont difficiles à distinguer de celles des autres mustélidés, elles constituent, avec les restes de repas d’amphibiens, des cibles choisies. Les arbres couchés et les coulées dans la végétation ou en bord de cours d’eau représentent également des sites intéressants.

 

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Tunnel à empreintes placé dans un passage d’animaux au bord d’un étang.

Le tunnel à empreintes est formé d’une planche avec deux feuilles de papier de part et d’autre d’un tampon imbibé d’encre abrité sous un tunnel, le plus souvent en bois. L’attractivité de ce « piège » repose sur le comportement d’exploration des mustélidés, qui ont tendance à être attirés par les objets nouveaux sur leur territoire. Ces tunnels sont idéalement placés le long de coulées, en lisière de forêt ou en bord de cours d’eau, autant d’habitats potentiellement favorables à l’espèce.

Au cours du mois de juin, 15 tunnels ont été posés, dont 12 seuls et 3 en couplage avec un piège photographique, au Parc du Confluent, et 14 tunnels sur la commune de Goyrans, dont 10 seuls et 4 en couplage avec un appareil. Avec l’aide de plusieurs bénévoles assidûs, le matériel a pu être relevé tous les 10 jours pendant un mois.

 

Résultats

Aucune donnée de putois n’a pu être mise en évidence au cours de ce mois de suivi. Cependant, plusieurs autres carnivores ont été photographiés, ou détectés grâce à leurs empreintes, comme la Martre des pins, la Fouine mais aussi la Genette commune.

Au Parc du Confluent, la Genette a été contactée sur 4 sites différents, la Martre en 3 autres points et la Fouine sur 2. À Goyrans, les deux carnivores se sont fait plus discrets ; seul un chat domestique a laissé des traces sur un site !

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Genette commune et martre des pins détectées au piège photographique dans le Parc du Confluent.

À Portet, là où la Genette a été détectée, elle a systématiquement laissé ses empreintes, et donc visité les tunnels. Il est intéressant de noter que les tunnels sont le plus souvent utilisés dans les 20 premiers jours après leur pose, et rarement après : il semblerait que les individus présents sur le territoire en question s’habituent au matériel, et ne le visitent que pour l’attrait de la nouveauté !

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Empreintes de genette (à gauche) et de fouine et martre (à droite).

Ces premiers résultats tendent vers une bonne complémentarité des deux méthodes : si les tunnels semblent particulièrement efficaces avec des carnivores comme la Martre ou la Genette, notamment dans les premiers jours où ils ont été posés, les pièges photographiques permettent de détecter certains individus récalcitrants à entrer dans le tunnel. Cependant, malgré l’effort déployé, on ne peut pas conclure à l’absence du Putois sur les sites face à l’absence de détection, puisque l’espèce était connue sur les deux communes. De plus amples recherches sont nécessaires pour conclure sur l’efficacité réelle de cette méthodologie pour étudier spécifiquement le Putois d’Europe.

Un grand merci à Delphine, Jonathan, Aurore, Antoine, Xavier, Benjamin et Laure pour leur aide sur le terrain !

Article rédigé par Nathalie De Lacoste, septembre 2016