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“Passeport pour l’Art” au Parc du Confluent

Jeudi 28 Janvier 2021, les élèves de CE2 de l’école LAKANAL ont participé à une sortie au Parc du Confluent animée par la Résidence 1+2 et Nature En Occitanie. Cette sortie s’organisait dans le cadre de « Passeport pour l’Art », un dispositif porté par la Mairie de Toulouse qui permet de développer la pratique et l’accès aux arts et à la culture aux enfants, élève et citoyen.

C’est au travers de la photographie, que l’institutrice a souhaité traiter le thème 2021, « Ma planète et moi !? ». Les animatrices de la Résidence 1+2 ont d’abord initié les enfants aux différentes techniques de photographie puis ils se sont questionnés à la façon de s’approprier le sujet.

A chacun son interprétation : « ma planète est surprenante », « ma planète est rebelle », « ma planète, il faut la protéger » ….

Il ne manquait plus qu’un terrain d’exploration pour prendre LA photo.

Mickaël Nicolas, animateur à l’Education à l’Environnement et au Développement Durable, a ensuite pris le relais pour faire découvrir le Parc du Confluent à tous ces chasseurs d’images. Dans un premier temps place à l’observation avec la prise en main des jumelles suivi d’un point historique sur le site. Puis le groupe est parti en balade guidée, ponctuée par des pauses pour laisser place aux explications, à la découverte et aux anecdotes au fil des rencontres :

  • D’où vient le nom du peuplier ?
  • Pourquoi la Ficaire fleurit-elle si tôt dans les sous-bois ?
  • Grâce à quelle plante a-t-on inventé le scratch ?
  • A quoi sert le bois mort dans la nature ?
  • Ou encore : à quel animal appartiennent ces traces de pas ?

Autant de pistes à explorer pour illustrer le thème.

Armés de leurs appareils photos et d’une meilleure connaissance du site, les enfants sont repartis en petits groupes, en quête de la meilleure photo.

La créativité était au rendez-vous ! Ils sont tous rentrés la mémoire pleine de photos et de souvenirs.

La Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège : D’importantes responsabilités pour la conservation des chauves-souris

La Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège est fréquentée par 17 espèces de chauves-souris sur les 26 potentiellement présentes en Région toulousaine. Plusieurs d’entre elles sont par ailleurs rares et menacées, justifiant les actions menées par l’équipe gestionnaire de Nature En Occitanie. Un inventaire participatif sera prochainement lancé auprès des habitants du territoire.

En collaboration avec le bureau d’étude Ecotone, le Conservatoire d’Espaces naturels d’Occitanie (CEN Occitanie) et des bénévoles du Groupe Chiroptères de Midi-Pyrénées (GCMP), l’équipe gestionnaire s’intéresse, depuis 2015, à l’étude des populations de chauves-souris présentes sur la Réserve naturelle. L’objectif était de dresser un état des lieux des connaissances sur les espèces présentes ainsi que leurs relations avec le territoire. La Réserve est-elle utilisée comme un site de chasse, un site d’hibernation, une halte migratoire ?

Les divers inventaires, menés de 2015 à 2019, ont permis d’identifier 17 espèces sur les 26 pouvant être en mesure de fréquenter les espaces naturels de la RNR. A noter la présence inédite de la Grande noctule (espèce migratrice) au mois d’octobre et la présence de 8 autres espèces présentant des forts enjeux de conservation à l’échelle régionale ou plus locale (Minioptère de Schreibers, Murin de Bechstein, Noctule commune…). Les résultats ont permis également de mettre en évidence une activité plus ou moins forte au regard du potentiel offert par les habitats naturels du territoire (nourriture et gîte). La complémentarité de ces études aura particulièrement souligné l’intérêt de la RNR pour les espèces migratrices (Pipistrelle de Nathusius notamment). L’équipe gestionnaire de la RNR compte orienter les prochaines études sur le rôle fonctionnel de la Réserve en tant que site de halte migratoire pour les chauves-souris.

En parallèle, une « enquête chauves-souris » sera lancée en 2021 auprès des habitants et riverains de la Réserve afin de recueillir des avis et/ou des témoignages de la présence de colonies au sein de leurs habitations. L’enquête sera affichée en mairie ainsi que diffusée sur Internet.

Plus d’informations à venir.

La Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège et les collectivités partenaires s’engagent dans la restauration des zones inondables.

Restaurer les fonctionnalités des zones inondables

Les zones inondables, ces zones humides proches de nos cours d’eau, sont des éléments clés pour réguler les crues et éviter l’inondation des villes et des villages plus en aval. Riches d’un point de vue écologique et indispensables à la vie des cours d’eau, la plupart de ces zones humides ont malheureusement été dégradées ou détruites en raison de l’étalement urbain en particulier, mais aussi de leur exploitation en sylviculture, leur drainage agricole, etc. Le bassin versant Adour-Garonne accueille encore aujourd’hui quelques zones inondables dont certaines nécessitent d’être restaurées pour jouer pleinement leurs rôles de réservoir de biodiversité et de prévention contre les crues, d’autant plus dans un contexte de dérèglements climatiques où les phénomènes d’inondation risquent d’être accentués.

Un programme qui soutient le projet sur la RNR

Conscients de ce constat et de leurs responsabilités, l’équipe gestionnaire de la Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège et les collectivités partenaires (SICOVAL, le Muretain Agglomération, Toulouse Métropole et la commune de Pinsaguel) se sont engagées dans un programme de réhabilitation des zones inondables de leur territoire. Pour se faire, ils ont bénéficié du soutien de l’Agence de l’Eau Adour Garonne et du Conseil Régional d’Occitanie dans le cadre d’un appel à projet sur la période 2016-2020 et d’un budget global de près de 370 000 euros.

Le programme porté par Nature En Occitanie, gestionnaire de la Réserve naturelle, vise à la fois à améliorer le rôle d’expansion et de stockage des eaux de crue et à la sauvegarde de la faune et la flore remarquables des zones humides. Après une première phase d’étude et de modélisation scientifique, il touche aujourd’hui à sa fin et les dernières opérations de restauration de zones inondables sur la Réserve naturelle ont eu lieu en décembre sur la commune de Pinsaguel, avec la reconnexion à la Garonne d’une zone inondable de 0,7 ha pour améliorer sa rétention d’eau de 1300 m3 d’eau supplémentaires pour chaque évènement de crue. Cette zone accueillera à terme une roselière, milieu naturel d’intérêt écologique, suite à la plantation de roseaux (phragmites) au cours de l’hiver.

Des travaux d’ampleur sur plusieurs communes

A l’instar de la zone inondable de Pinsaguel, quatre autres zones inondables ont été restaurées sur le territoire de la Réserve naturelle dans le cadre de ce programme, sur les communes de Lacroix-Falgarde et de Clermont-le-Fort pour un volume total de 3000 m3 d’eau retenu en cas de crue. D’autres zones inondables ont par ailleurs été identifiées et leur future restauration en coordination avec les collectivités locales compétentes pourrait jouer un rôle certain sur la prévention du risque inondation à hauteur de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes d’eau.

Des acquisitions et des conventions pour sauvegarder le foncier agricole et naturel

En contexte périurbain, la pression foncière est forte en périphérie de la Réserve naturelle régionale (RNR) Confluence Garonne-Ariège, notamment sur des espaces agricoles ou naturels. Nature En Occitanie (NEO), en tant que gestionnaire de la RNR, mène une veille et intervient si nécessaire en sensibilisant les propriétaires, en conventionnant pour la maîtrise d’usage et la mise en place d’une gestion adaptée ou en réalisant des acquisitions de gré à gré en fonction des opportunités.

L’année 2020 s’achève par l’achat par NEO de deux propriétés sur les communes de Clermont-le-Fort et de Vieille-Toulouse, pour une surface totale d’environ 18 hectares, en périphérie immédiate de la RNR. Dans le prolongement du périmètre classé en Réserve naturelle, il s’agit de boisements et prairies en bord d’Ariège et de boisements le long d’un ruisseau affluent de la Garonne. Quelques espaces agricoles sont également concernés et continueront d’être exploités par l’agriculteur en place.

En collaboration avec la Région Occitanie, la DREAL Occitanie, la SAFER Occitanie et les collectivités locales partenaires (SICOVAL, Muretain Agglomération, Toulouse Métropole, les communes de Pinsaguel, Pins-Justaret, Clermont-le-Fort, Venerque, Lacroix-Falgarde…), l’équipe gestionnaire de la RNR intervient afin de pérenniser les vocations agricoles et naturelles de propriétés. Situées autour des villes et villages, elles constituent une véritable ceinture verte, assurant un cadre de vie agréable pour les habitants et le rôle de réservoirs de biodiversité, menacés par l’urbanisation galopante.

Malgré une certaine continuité le long de la Garonne et de l’Ariège, le périmètre classé en RNR reste relativement morcelé, peu satisfaisant et très contraignant en termes de gestion. Par ailleurs, des secteurs présentant de forts enjeux écologiques et paysagers ne bénéficient pas de ce statut de protection car hors du périmètre. Le gestionnaire et ses partenaires travaillent donc à améliorer la cohérence du périmètre de la RNR et à une meilleure prise en compte des enjeux du territoire de la Confluence Garonne-Ariège.

Accès à la nature pour Tous – retour sur 2 rendez-vous d’Automne

Depuis 2016, Nature En Occitanie s’engage en partenariat avec l’association UMEN à rendre accessible la RNRConfluence Garonne-Ariège aux personnes en situation de handicap ou vieillissantes. Plusieurs projets financés par différents partenaires (Région Occitanie, UNADEV…) ont déjà vu le jour et ont permis de proposer plus d’une vingtaine d’animations.

Les handicaps concernés sont en effet multiples, les sorties pouvant s’adresser à des personnes en situation de handicap moteur, de déficience visuelle, intellectuelle ou de surdité. Grâce à ce projet, la Réserve se place comme terrain d’expérimentation pour l’éducation à l’environnement et de sensibilisation au développement durable et à la biodiversité à destination de publics handicapés, pour qui peu d’espaces naturels sont aujourd’hui encore accessibles.

Dans le cadre du projet « Accès à la nature pour TOUS dans la Réserve Naturelle Régionale Confluence Garonne-Ariège », Tiphaine de l’association UMEN et Mike de Nature En Occitanie ont mené 2 animations à destination des publics en situation de handicap.

Sortie au Ramier de Lacroix-Falgarde avec les Auxiliaires des Aveugles

Le 15 octobre dernier, nous avons accompagné les membres et bénévoles de l’association “Les Auxiliaires des Aveugles” pour une découverte de la Réserve naturelle, sur les sentiers du Ramier de Lacroix-Falgarde. Cette balade axée sur une approche sensorielle des paysages, à travers les différents milieux naturels qui les composent, ont permis aux participant.e.s de renouer des liens avec une nature devenue lointaine puisque difficilement accessible.

Nous avons ainsi appris ensemble à reconnaître, du bout des doigts, certains arbres à partir de leur écorce ou leurs feuilles, aux textures et formes variées mais également à déjouer les tours des mousses et des lichens qui s’invitent en surface des troncs, rendant l’identification plus complexe parfois. L’odorat, l’ouïe et le toucher ont joué un rôle majeur dans la compréhension de l’évolution des écosystèmes : l’ambiance humide du sous-bois, le bruissement des feuilles foulées au sol, l’odeur et la texture du bois en décomposition indispensables pour former l’humus nécessaire à la croissance des jeunes arbres… De la même façon les bords d’Ariège ont été approchés au son des remous et des chants des oiseaux dont l’allure a été rendue plus parlante grâce à la manipulation de figurines en taille réelle.

La journée s’est terminée non sans émotion (une fois encore) avec des retours unanimes sur la nécessité de poursuivre nos actions : “Votre approche de la Nature durant cette balade m’a permis de retrouver le plaisir que je ressentais dans la Nature à l’époque où j’avais encore mes yeux !”

Sortie à Clermont-le-Fort avec adhérents et bénévoles d’UMEN

C’est masqués que nous nous sommes retrouvés avec les adhérents et bénévoles d’UMEN le 25 octobre, pour une randonnée nature entre les hauteurs de Clermont-le-Fort et les bords d’Ariège. Au cours de cette journée ensoleillée, les participant.e.s en situation de troubles intellectuels, ont pu découvrir à leur rythme la biodiversité locale à travers une approche artistique, sportive et ludique. En vrais artistes, nous nous sommes d’abord essayés à la création d’empreintes de feuilles d’arbres dont nous avions au préalable fait la connaissance ” à l’aveugle “.

Le circuit en sous-bois, au niveau du ramier communal, nous a ensuite permis la rencontre avec une flore spécifique (pulmonaire, lierre, chélidoine…) mais également d’aborder le cycle de vie de discrets animaux qui ont laissé de nombreux indices sur leur passage à l’instar des empreintes de chevreuil, blaireau, sanglier ou des trous dans les troncs trahissant la présence d’insectes xylophages (qui mangent le bois) et de pics dans le secteur. Après le repas, le retour s’est fait par les bords d’Ariège où les observations ont été plus rares du fait de la fréquentation du site, néanmoins bergeronnettes et chevaliers ont fait quelques apparitions, l’occasion de s’exercer à l’utilisation de jumelles (soigneusement désinfectées avant et après usage).

Enfin, après une ascension sportive du sentier botanique, nous nous sommes félicités de cette journée passée ensemble avec pour promesse de nous retrouver prochainement pour de nouvelles découvertes !

Les écogardes 2020 dressent le bilan de leur saison sur la Réserve naturelle

Dans un contexte particulier, suite au confinement et aux fortes chaleurs, les visiteurs de la Réserve naturelle furent nombreux, à la recherche d’un coin de verdure pour oublier la frénésie de la métropole toulousaine ou bien la proximité de l’eau pour se rafraîchir. Mais la sensibilisation du public aux différents enjeux environnementaux de la RNR et la prévention par les écogardes se sont généralement déroulées dans la bonne humeur et le respect des milieux naturels.

Une affluence inédite en 2020 

Près de 50 000 visiteurs, a minima d’après les estimations, ont foulé les sentiers de la Réserve de juin à septembre, soit environ 50% de plus que l’année 2019 pour la même période. La commune de Clermont-le-Fort est la plus été concernée par la surfréquentation, comptabilisant près de 60% des visiteurs. La voirie et les parkings y ont d’ailleurs été très souvent saturés.

Cette forte hausse de la fréquentation a eu pour conséquence l’étalement des visiteurs le long de la Garonne et de l’Ariège, et la dégradation de ces milieux écologiques sensibles : érosion des berges, piétinement de la végétation, création de sentiers sauvages par les visiteurs… Rappelons que des sentiers balisés ont été mis en place dans la Réserve pour guider le public, afin de limiter le dérangement de la faune et préserver les berges.

Baignade, chiens, déchets et feux : des sujets de sensibilisation importants

Durant cette saison, les écogardes ont mis l’accent sur la sensibilisation du public concernant plusieurs sujets récurrents depuis de nombreuses années. 

La Garonne et l’Ariège sont des cours d’eau présentant de nombreux dangers. En plus d’un courant fort et des rapides, certains endroits sont particulièrement risqués pour la baignade et les écogardes ont dû faire preuve d’une grande vigilance pour limiter les accidents. Deux incidents graves chez des kayakistes ont été notés mais, heureusement, aucun accident mortel n’est à déplorer en 2020. 

Concernant les chiens non tenus en laisse, le discours des écogardes semble commencer à porter ses fruits, avec une diminution des interventions par rapport aux années précédentes. Mais n’oublions pas que nos amis canins impactent à la fois les autres visiteurs (peur, morsure, etc.) ainsi que la flore et la faune (dérangement en période d’élevage des jeunes animaux, prédation, etc.). 

Depuis quelques années, Nature En Occitanie a mis en place un objectif “zéro feu”, afin de limiter les départs d’incendie. Les étés de plus en plus chauds et secs ainsi que l’augmentation de l’affluence exacerbent les risques d’incendie. Si le discours et la présence des écogardes semblent avoir des effets positifs, on note cependant une stabilisation du nombre de “ barbecues sauvages ” sur l’ensemble de la réserve.

Malgré une diminution de 2016 à 2019, une augmentation de la quantité de déchets trouvés dans la RNR a été observée cette année. Ce ne sont pas moins de 320 L de déchets, ainsi que plusieurs dépôts sauvages, qui ont été récupérés malgré une sensibilisation accrue des usagers sur ce thème en 2020. Les visiteurs qui ramassent leurs déchets et ceux laissés par d’autres semblent pourtant nombreux. 

Ce fut une drôle de saison 2020 pour tous, au vu du contexte sanitaire. Mais l’équipe des écogardes, accompagnée par l’ensemble des salariés de NEO et des acteurs du territoire, a pu s’adapter et mener à bien ses missions nécessaires de sensibilisation et de préservation. Car, ne l’oublions pas, la Réserve Naturelle Régionale Confluence Garonne-Ariège devient année après année un espace naturel incontournable de la région toulousaine, au cœur de nombreux enjeux tant écologiques, qu’économiques et sociaux.

De petits interdits individuels pour une grande satisfaction collective

C’est avec un grand bonheur et de chaleureux remerciements que l’équipe gestionnaire a le plaisir de vous apprendre le retour d’oiseaux nicheurs dont la reproduction n’avait pas été confirmée depuis plus de 15 ans sur un secteur de la Réserve naturelle !

Depuis 2019, un puis trois couples de Héron cendré viennent s’installer chaque printemps dans une zone de tranquillité qui leur est réservée au coeur de la Confluence Garonne-Ariège. Ils ont été rejoints de manière certaine par au moins un couple de Héron pourpré en 2020. Un couple d’Aigle botté s’était déjà approprié la zone en 2018. Ces trois espèces d’oiseaux sont menacées au niveau national ou régional, et sont particulièrement sensibles au dérangement ; ils ont besoin d’une certaine quiétude pour assurer leur survie et leur reproduction, rendue possible par la mise en place de zones non accessibles au public et la fermeture de certains sentiers dans la Réserve naturelle.

De manière générale, ces types d’actions sont réalisés avec le concours des collectivités partenaires et des agents municipaux, afin de préserver la faune des dérangements et la flore du piétinement, mais aussi les berges de Garonne et d’Ariège de l’érosion. Sources de frustration pour les visiteurs, ces interdits localisés sont néanmoins nécessaires pour conserver quelques zones de tranquillité et coins de nature aux portes des agglomérations, permettant l’épanouissement d’une biodiversité qui saura bien le leur rendre, en se laissant observer au détour d’un sentier balisé ou d’un observatoire aménagé à cet effet.

Alors que la biodiversité s’effondre au niveau mondial comme national, les actions menées dans la Réserve naturelle et les efforts consentis par les habitants des bourgs voisins et par ses visiteurs portent leur fruit. Réjouissons-nous de pouvoir encore disposer d’un espace de nature à deux pas de nos lotissements et de participer, grâce à nos comportements civiques et citoyens, à la préservation d’un bien commun, la Nature.

Le nez dans l’écorce et le compas dans l’œil !

Sans l’ombre d’un doute vous étiez présent(e) à la fête des ConfluenceS 2020 et vous vous souvenez que le thème de la journée reposait sur « l’Arbre ». Ne vous laissez pas méprendre, ce thème n’avait pas été choisi au hasard, puisque cette année l’équipe gestionnaire de la RNR Confluence Garonne Ariège a œuvré pour engager un suivi forestier national au cœur de la Réserve.

Parmi ses 579 hectares classés, la Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège (RNR) n’est pas faite uniquement d’eau et de galets. Les berges et îlots de ces rivières, ainsi que les coteaux les surplombants, sont occupés par diverses mosaïques de végétation dont environ 110 hectares de forêts.

Afin de comprendre la dynamique de ces boisements pour une stratégie de gestion efficiente, l’équipe gestionnaire a souhaité disposer d’une base scientifique robuste, en diagnostiquant de nombreux facteurs descripteurs de « l’état de santé » de ces forêts. Elle s’est appuyée pour cela sur l’application du protocole PSDRF (Protocole de Suivi Dendrométrique des Réserves Forestières).

Quèsako « le Protocole PSDRF »

Ce protocole scientifique permet d’évaluer l’état de conservation initial des forêts étudiées et de mettre en place un suivi de leur dynamique dans le temps et dans l’espace. Partant du constat que la survie de plus de 20% des espèces animales et végétales forestières (européennes) est liée au volume, à la diversité et à la continuité du bois mort, le PSDRF s’intéresse autant à l’étude du bois vivant que du bois mort.

Le protocole est basé sur un système de points fixes placés en forêt et autour desquels, tous les 10 ans, des mesures sont réalisées sur les arbres. Ces points sont appelés des « placettes » puisque les relevés se font dans un rayon de 20 mètres autour du point fixe. De nombreuses mesures sont alors réalisées sur chaque arbre mort et vivant (debout et au sol) présent dans ce rayon : identification de l’essence, du diamètre, de la hauteur totale, de la hauteur de la première banche, de l’état sanitaire, de l’inclinaison, de la présence de cavités, de la présence de mousses, de lichens, de champignons, etc.

Outre des objectifs de conservation et de gestion, les données servent également à alimenter une base de données nationale permettant de faire de nos forêts, des forêts sentinelles face à des problématiques particulières comme le réchauffement climatique.

L’application du protocole PSDRF est coordonnée par l’équipe scientifique du Pôle Forêt de l’association Réserves Naturelles de France (RNF) que nous remercions ici pour leur accompagnement ainsi que pour leur implication dans l’analyse des données.

Un protocole qui s’approprie

Du fait de sa robustesse statistique pour acquérir un état de lieux réaliste face à des milieux naturels constamment dynamiques, l’application du protocole PSDRF est assez chronophage. Une des premières étapes est alors de définir une problématique précise pour orienter certains paramètres du protocole et diriger les analyses qui en découlent.

Localisation des placettes de suivi sur le boisement du Ramier de Lacroix-Falgarde

L’équipe gestionnaire de la RNR s’est attachée à appliquer le PSDRF suite au constat de l’incision des lits mineurs de la Garonne et de l’Ariège. Cette problématique prépondérante sur la Réserve correspond à un enfoncement des cours d’eau qui, dès lors, ne débordent plus aussi facilement qu’avant. Aujourd’hui, cette incision entraine une diminution des alimentations en eau des milieux naturels périphériques. Les boisements dits « humides », caractérisés par des essences d’arbres comme le Saule blanc (Salix alba), évoluent alors peu à peu vers des boisements « secs » avec l’apparition d’essences moins hygrophiles comme le Chêne pubescent (Quercus pubescens).

Sur la Réserve naturelle, le PSDRF a donc été orienté pour évaluer cette dynamique tout en concourant à un diagnostic global de l’état de conservation des boisements.

Bilan de fin d’année

  • 89 placettes ont été disposées et étudiées au sein des boisements de la Réserve naturelle. Ces placettes ont été matérialisées sur le terrain afin de pouvoir revenir tous les 10 ans aux même endroits et réaliser les relevés sur les mêmes arbres.
  • 3003 arbres ont été déterminés et étudiés pour évaluer leur morphologie, leur état sanitaire, et leur potentiel en DMH (DendroMicroHabitats, correspondant à des particularités morphologiques de l’arbre permettant de jouer des rôles dans le cycle de vie de certaines espèces de faune et de flore).
  • 1700 DMH déterminés sur les arbres inventoriés sur pieds. Cavités, branches cassées, fentes, écorces décollées, nids de vertébrés et d’invertébrés, tapis de mousses et lichens, etc.
  • 4131 plants de régénération ont été inventoriés et classés selon leur état de croissance.
  • 240 heures de relevés de terrain. Si la préparation du protocole aura pris environ 64 heures de travail, la phase de récolte de données aura été la plus conséquente avec 240 heures de relevés terrain.

Aujourd’hui ce travail n’est pas terminé puisqu’il reste encore à analyser les données et en tirer les conclusions nécessaires. Rendez-vous en décembre 2020 pour connaitre l’état de conservation et la dynamique des boisements de la RNR Confluence Garonne Ariège !


Myriem Karim – Résidence 1+2 Factory 2020

La Résidence 1+2 est un programme photographique ancré à Toulouse et à vocation européenne durant lequel trois photographes confrontent leurs regards d’auteur. Dirigée par Philippe Guionie, elle associe chaque année trois photographes ( un de renom et deux jeunes photographes), trois villes et trois supports (expositions, ouvrages et film).

Résidence 1+2 Factory et Nature En Occitanie

En 2017, le photographe barcelonais Israel Arino a réalisé une série de photographies intitulée “Le partage des eaux“. A cette occasion, il est rentré en contact avec l’équipe de la RNR afin de pouvoir faire des prises de vue au Parc du Confluent, au niveau du bac.

A l’issue de cette première expérience entre Photographie & Sciences, Nature En Occitanie en tant que gestionnaire de la Réserve naturelle régionale a souhaité pérenniser ce partenariat en utilisant le territoire comme lieu de résidence artistique. C’était l’occasion d’offrir un nouveau regard, plus artistique, sur ces espaces naturels fragiles et les éléments qui les composent.

En 2018-2019, le photographe Adrien Basse-Cathalinat a réalisé une série inédite sur les crues et l’inondabilité de la zone humide de la Confluence Garonne-Ariège dans le cadre de la Résidence 1+2 Factory 2019. Il pose un regard poétique et interrogatif sur ces espaces fragiles. En superposant des images scientifiques relatives au phénomène des crues (schémas, graphiques, …) à ses propres prises de vues photographiques, Adrien Basse-Cathalinat associe abstraction scientifique et réalité territoriale.

Résidence 1+2 Factory 2020 – ARBORESCENCES de Myriem Karim

En 2020, Myriem Karim réalise une série sur les arbres remarquables, ARBORESCENCES prise sur la Réserve naturelle Confluence Garonne-Ariège. En partenariat avec l’association Nature En Occitanie et le Conseil départemental de la Haute-Garonne, cette série est exposée dans le cadre de l’été photographique du centre d’art et de photographie de Lectoure du 25 juillet au 20 septembre 2020.

Arborescence – note d’intention de l’artiste

Les arbres évoluent dans le paysage auquel ils appartiennent, et le modifient. Regarder un paysage est un engagement dans le monde. Il y a une extase : cette manière dont les choses ont de se tenir au-delà d’elles-mêmes. S’ouvre la dimension du temps, de ses épaisseurs sédimentaires, de ses rythmes, de ses lenteurs. Les arbres sont une promesse de mouvement permanent qui existe. Nous ne les voyons pas mobiles. Nous ne vivons pas assez longtemps pour les voir pousser.

Comment rentrer dans le cadre de l’appareil photo, un arbre ? Une forêt entière ? Que discerne t-on dans une forêt et que voit-on avec la photographie dans une forêt ? Est-ce un bon outil d’observation des arbres ? Il y a une densité de la forêt contraire au rapport à l’horizon. À la vue de loin. À l’atavisme. Pour regarder les arbres, il faut basculer dans un monde où les voies de communication sont verticales.

L’enjeu n’est pas tant de rendre compte du réel que de traduire des impressions de réalités. Car c’est tout ou une partie de leur vivant qui nous échappe à l’œil nu. Percevoir l’intériorité des arbres, c’est regarder à travers les branchages et feuillages, de la jeune pousse aux cellules et molécules. Collecter les expériences rassemblées autour d’eux et inscrites dans leurs membres. Toucher la matière végétale. Revenir, observer. Répéter la prise photographique. Car ils ne se présentent formellement jamais à l’identique, bien qu’enracinés au même endroit. Témoins du temps qui passe et de la composition instable des paysages.

Colloque 2020 Photographie & Sciences

Chaque année, la Résidence 1+2 rassemble l’ensemble les lauréats, les partenaires et des invités pour une rétrospective de l’année écoulée. Tout au long de la journée, sous forme de table ronde, chaque artiste est amené à présenter son travail et à échanger avec les invités sur différentes thématiques en lien avec leur expérience dans le cadre de la Résidence.

Après le Musée des Abattoirs, le Théâtre National de Toulouse, le Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse accueillera cette nouvelle édition avec un programme riche et complet.

A cette occasion, Mathieu Orth, conservateur de la RNR Confluence Garonne-Ariège interviendra au côté de Myriem Karim, lauréate 2020 et d’autres invités sur la table de 15h PROGRAMME « 1+2 FACTORY » 2020.

Dans le contexte sanitaire actuel, les inscriptions sont complètes. Le colloque sera à suivre en direct sur la chaine YouTube du Muséum à partir de 10H.

De nouveaux résidents à 4 pattes à Goyrans

Les coteaux secs : un habitat favorable à plusieurs espèces

Les coteaux secs de la RNR Confluence Garonne-Ariège abritent des milieux naturels et des espèces présentant de forts enjeux de conservation. Il s’agit notamment d’espèces d’affinité méditerranéenne ou thermophile, comme la Trigonelle de Montpellier (Trigonella monspeliaca), le Gaillet glauque (Galium glaucum), la Fauvette mélanocéphale (Sylvia melanocephala) ou le Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra), ainsi que l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion).

Depuis les années 1970, l’élevage a disparu du territoire de la Confluence et les coteaux sont dans une dynamique naturelle générale d’enfrichement, avec une colonisation par les ligneux (arbustes et arbres) des pelouses et landes. Ce phénomène entraîne une modification des paysages, une banalisation des milieux naturels, une régression des milieux écotones, une perte de biodiversité (niches écologiques et espèces inféodées aux milieux ouverts), ainsi qu’une augmentation du risque incendie.

Au regard de ces enjeux, le plan de gestion 2017-2021 de la Réserve naturelle comprend un volet sur le maintien et l’amélioration de l’état de conservation des pelouses et landes sèches, ainsi que des espèces associées.

Redonner des fonctionnalités à ces milieux naturels

Depuis 2017, sur la Commune de Goyrans, plusieurs chantiers manuels ou mécaniques de débroussaillement ont été menés sur une parcelle de pelouse sèche colonisée par des arbres et arbustes, faute d’entretien pastoral. Certains de ces chantiers ont été organisés avec la participation de bénévoles d’associations partenaires (Caminarem, APEV, UNICITES, Nature En Occitanie).

Les brebis : un auxiliaire d’entretien de ces espaces naturels

En 2019, l’implantation de clôtures et d’un abri pastoral ont permis l’installation d’un éleveur de moutons d’une commune voisine ; 20 brebis ont ainsi pu pâturer de novembre 2019 à avril 2020 et reviendront dès novembre prochain pour passer la mauvaise saison dans la Réserve naturelle. En attendant, l’équipe gestionnaire de la Réserve naturelle a réitéré courant septembre les opérations de débroussaillage pour limiter la repousse des essences ligneuses.